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Le tueur de minuit loge une balle dans la tête de sa proie règlement de comptes à Koekelberg

Dans la nuit de mardi à mercredi, un homme a été froidement abattu à Koekelberg alors qu'il rentrait chez lui, rue du Château. Peu après minuit, mercredi matin, Guy Mariavelle, 43 ans, venait d'ouvrir la porte du garage, avec sa commande à distance. Son box de garage se situait à l'arrière de bâtiments sis 8-12 rue du Château. Tapi dans l'ombre, un homme a surgi. Il a brandi une arme, s'est précipité sur Guy Mariavelle et lui a logé une balle dans la tête.

M. Mariavelle a été tué sur le coup. Il s'est écroulé dans une flaque de sang devant la porte ouverte de son garage. Au moment des faits, la victime était accompagnée de sa compagne, Josiane, qui a vu l'assassin prendre la fuite. Le tireur ne s'est pas intéressé à elle. Il a concentré son acte criminel sur Guy Mariavelle. La victime était garagiste à Koekelberg où il était associé à trois partenaires.

Selon le parquet de Bruxelles, Guy Mariavelle était connu pour des faits de vol et de recel. Son nom avait été notamment cité dans le cadre de l'affaire Godfroid, ancien commisssaire à la PJ de Bruxelles, condamné à douze ans en avril dernier par le tribunal correctionnel de Bruges pour une série de délits. La "bande à Godfroid" était notamment poursuivie pour une impressionnante série de vols à main armée, commis aux quatre coins du pays.

Le tribunal avait reconnu son implication dans la plupart des faits qui lui étaient reprochés. L'ex-commissaire niait toute implication dans ces faits, à l'exception d'un vol à main armée commis contre une bijouterie de Hoboken (2 millions de butin), deux vols à main armée commis à Blankenberge et à Ypres. À l'issue de la lecture du jugement le condamnant, l'ex-commissaire s'était écrié: On veut me punir pour mon passé de commissaire à la PJ.

Le Parquet, qui avait requis vingt ans, a interjeté appel à l'issue de ce procès où comparaissaient trente-quatre prévenus. Guy Mariavelle avait écopé d'un mois de prison avec sursis. Il était le 23e prévenu de ce méga-procés et avait été cité pour complicité de vol. Il aurait été, en compagnie de l'ex-épouse de Fredéric Godfroid, à l'origine des révélations ayant mené au démantèlement de la bande dirigée par l'ex-commissaire de la PJ. Les enquêteurs privilégient la piste d'un règlement de comptes. Le tueur s'est, rappelons-le, en effet directement dirigé vers sa victime, ignorant sa compagne. Et rien n'a été volé.

Bron: Le Soir | Nicolas Vuille | 13 augustus 1992

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Surprises en cour d'appel de Gand. Godfroid: dix ans en appel

Il aura fallu presque toute la journée de lundi, au président De Corte de la cour d'appel de Gand, pour donner lecture du verdict dans "l'affaire Godfroid"; un verdict d'une centaine de pages! Étant donné que presque tous les inculpés étaient francophones, il fallait que chaque phrase soit minutieusement traduite par un traducteur assermenté. Avec l'autorisation de la défense je vais passer certains passages, a annoncé le président.

Peu de public dans la salle d'audience bien gardée. Vu la réputation de l'ex-commissaire de la PJ de Bruxelles et de ses copains sévèrement condamnés, en première instance, par le tribunal correctionnel de Bruges le 27 avril, il n'était pas question de prendre des risques.

En correctionnelle, le procureur du Roi Jean-Luc Cottyn avait exigé vingt ans de prison ferme pour Frédéric Godfroid impliqué dans une série impressionnante d'attaques et de vols à main armée et d'autres faits qui vont du vol de voitures au port d'armes prohibées, en passant par trafic de stupéfiants et prise d'otages.

Godfroid et ses deux lieutenants Angel Gonzales et Alain Lavigne avaient été arrêtés à Ostende en décembre 1991 par la PJ de Bruges. Les trente et un autres inculpés ont été démasqués lors de l'enquête. Le prononcé du verdict de la cour d'appel de Gand a donné lieu à quelques surprises de taille. Pour commencer, la condamnation de Frédéric Godfroid à dix et non à douze ans de prison. Ceci étant considéré comme la peine maximale puisque les deux dossiers contre Godfroid, pour des faits semblables perpétrés en 1989 et en 1990, ont été joints. Par contre, la peine de dix ans de prison de Angel Gonzales Garcia-Caro a été maintenue.

Autre grosse surprise, la condamnation à huit ans de prison ferme du français Jean-Luc Bernard et de Pascal De Boeck, domiciliés à Rhode Saint-Genèse. Le tribunal correctionnel s'était déclaré incompétent, en première instance. Restaient encore le "menu fretin" De Keirsmaekers, condamné à deux ans de prison à Bruges et qui a vu sa peine réduite à neuf mois de prison ferme et quinze mois avec sursis. Quant à François Moyaert, accusé d'avoir renseigné la "bande Godfroid" quant à la façon de s'attaquer aux magasins GB, où il faisait partie de la sécurité, sa peine d'un an avec sursis a été transformée en six mois de prison ferme et six mois avec sursis. Seuls Godfroid, son lieutenant Angel Gonzales Carcia-Caro et Pascal De Boeck étaient présents.

Bron: Le Soir | Eddy Surmont | 22 december 1992

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En nog eentje over het proces:

Un ex-commissaire de la PJ de Bruxelles jugé à Bruges
Tricotage et détricotage de gangs

Fréderic "Frédo" Godfroid (41 ans), ex-commissaire de la Police judiciaire de Bruxelles devenu gangster, comparaît depuis hier avec les trente-trois membres de "sa" bande devant le tribunal correctionnel de Bruges. Ils sont accusés d'une kyrielle de méfaits pour lesquels le procureur Jean-Luc Cottyn n'a pas hésité à demander la peine maximale, vingt ans.

Lundi, lors de la deuxième journée du procès, on a assisté à l'interrogatoire des seuls cinq témoins appelés à la barre: le commissaire de la PJ Beirnaert et quatre de ses adjoints. L'exposé du premier nommé, tombeur du gang, a duré près de deux heures et demi. Il a apporté une analyse claire du rôle de chacun, et particulièrement de la genèse de la bande.

En fait de "bande Godfroid", il y en a eu plusieurs de ce nom, entre juin 1988 et février 1991, date à laquelle "Frédo" et son dernier lieutenant Alain Lavigne ont été arrêtés à Ostende le 16 février 1991.

La "bande Godfroid I", c'est à l'origine Fréderic Godfroid, Arthur Timmermans, Pascal De Boeck, Alain Lavigne et Angel Gonzales. Ils réalisent une série d'attaques et de vols à main armée mais se dissolvent malgré eux quand, en février 1989, De Boeck et Gonzales ne réussissent pas à voler l'auto nécessaire pour s'attaquer au bijoutier Karel Aerts, à Bonheiden. Godfroid décide alors de faire appel à "Jacky le français". Le 5 février 1989, ils réussissent le braquage de la bijouterie de Bonheiden et s'emparent de quinze millions. Cela signifie la fin de la "bande Godfroid I".

Angel Gonzales et Pascal De Boeck s'associeront avec leur collègues français Marc Monge, Gérard Privat et Jean-Luc Bernard. Ils s'attaquent à la poste de Rhode-Saint-Genèse, lestée de six millions le 14 avril 1989. L'argent servira comme fond de commerce pour acheter le bar Triathlon à Wetteren où les gangsters français placeront aussitôt leurs petites amies dont Gisèle Galmiche, amie de Bernard et aujourd'hui menacée de mort par les frères de son ex-amant. Après l'attaque de la bijouterie Stessens à Grand Bigard le 18 août, Gonzales est lui-même évincé par le Français.

En septembre 1989, Bernard s'associe à Godfroid et Lavigne. La "bande Godfroid II" est née. Quand en janvier Bernard et Privat repartent en France, "Godfroid II" engage Herygers et Jean De Vos-Kalubi. Ils sont rejoints par François Moyart, agent de sécurité chez GB qui leur fournit les renseignements nécessaires pour des attaques à main armée, puis par Pascal De Boeck. Et ils recommencent à zéro...

Aujourd'hui, parole à la défense. Le jugement est déjà attendu pour jeudi soir.

Bron: Le Soir | Eddy Surmont | 31 maart 1992

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In het boek van Leopold van Esbroeck staat geschreven dat Freddo Godfroid ergens in Linkebeek woonde. Weet er soms iemand waar precies?