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Volgens André Moyen was "Gladio" de codenaam voor de "slapende" Stay Behind-activiteiten bedoeld voor oorlogssituaties, terwijl de codenaam "Catena" gericht was op activiteiten in vredestijd door een "zwarte internationale". De anticommunistische internationale organisatie Paix et Liberté zou volgens Moyen een structuur van "Catena" zijn geweest. "Catena"-leden waren in het algemeen ook lid van "Gladio".

De naam "Catena" verscheen voor het eerst in Paris-Press in 1960, waar het beschreven werd als een organisatie die tot doel heeft "te verhinderen dat het christelijke Westen overspoeld wordt door het barbarendom". Enkele maanden later dook het verhaal op dat Catena als "Comité Anti-Terroriste Nord-Africain) zou geboren zijn in Algiers, in opvolging van het terroristennetwerk "La main rouge", en netwerken zou opgezet hebben in Duitsland, België en Zwitserland, en nadien de rest van Europa. Kolonel Marcel Mercier van de Franse SR zou hierbij een centraal figuur geweest zijn, die ondermeer in contact stond met Gehlen van de BND.

In België zou het netwerk uitgebouwd zijn door een zekere "M. uit N.", de journalist Pierre Joly en Bernard uit C. In Zwitserland legde de UNO-ambtenaar J.M. contacten met extreem-rechtse organisaties. De "kraak van de eeuw" in juli 1976 uitgevoerd in Nice door Albert Spaggiari zou naar eigen zeggen van de dader in dienst geweest zijn van "Catena". Delen van de buit zouden gevonden worden bij de Spaanse "Guerilleros du Christ-Roi".

Spaggiari stelde dat "Catena" een internationaal netwerk was dat assistentie verleende aan strijdmakkers in moeilijkheden, vooral in Italië, Joegoslavië en Portugal. De zetel van "Catena" was volgens hem in Turijn, waar ze gekend stond als "Centre Italien de Documentation et d'Action Sociale" (CIDAS) dat was opgericht op 14 januari 1973 en onder leiding stond van Alessandro Uboldi de Cappei. CIDAS stond ook in contact met MSI, de think tank GRECE, terroristencentrale Aginter Press (via Gionne Accame) en een aantal belangrijke Gladio-figuren zoals Diulio Fanali en Manio Brosio.

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Het netwerk Catena, door een getuige voorgesteld als een van het Belgische stay behind-netwerk, afgescheiden organisatie is bij alle andere gesprekspartners onbekend.

Bron: Verslag Gladiocommissie

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Gladio était un réseau "dormant" ... mais Catena?

Les langues se délient, en Belgique et ailleurs, mais des questions restent posées à propos du "Glaive". L'affaire "Gladio" continue de faire couler beaucoup d'encre et, progressivement, les langues de tous ceux qui furent mêlés depuis des dizaines d'années à son secret se délient. Depuis combien de temps existe le "Glaive"? Au moins depuis 1948 en Italie et en France, a expliqué au quotidien "Le Drapeau rouge" André Moyen, un ancien agent des services secrets militaires, qui a également répondu à nos questions.

Selon lui, le Gladio italien a sans doute vu naître des "frères" et reçu une structure internationale officielle en 1952. Mais, en Belgique comme dans d'autres pays, il est sans doute toujours resté "dormant". Cette "passivité" serait d'ailleurs, toujours selon Moyen, à l'origine de l'émergence d'une dissidence, au début des années cinquante, le réseau Catena qui, lui, ne serait pas resté inactif dans sa lutte anticommuniste.

En Italie, deux sénateurs communistes, Francesco Macis et Mario Pinna, ont pu visiter récemment une base militaire sarde (à Poglina, près d'Alghero) servant de camp d'entraînement aux paras, aux hommes-grenouilles, aux agents des services de renseignement italiens et à d'autres militaires de l'Otan. Une base faisant également partie du réseau "Glaive" et servant de lieu d'entraînement à ses hommes. Les deux parlementaires ont visité les lieux en compagnie de l'officier de marine commandant actuellement le Gladio dont l'emblème apparaît dans plusieurs locaux, soutenu par la devise du groupe "Silendo libertatem servo" - "Je sers la liberté dans le silence".

Aux Pays-Bas, plusieurs sources ont confirmé que les chefs de gouvernement successifs ont été mis au courant de l'existence d'un dispositif secret militaire prêt à être activé et que cette organisation disposait de stocks d'armes cachés (et démantelés en 1983).

En Allemagne comme aux Pays-Bas, l'affaire des réseaux n'a pas jusqu'ici déchaîné l'opinion... mais elle prend progressivement de l'ampleur. Une source officieuse "bien informée" a affirmé hier qu'un tel réseau avait bien été constitué en RFA pour répondre à une éventuelle invasion. Elle ajoutait qu'il était 'probable' que les autorités nieraient. L'ancien chancelier Willy Brandt a déclaré qu'il n'avait jamais eu connaissance de l'existence d'un tel réseau; le gouvernement de Bonn n'a rien confirmé ni exclu.

En Belgique, le Service général de renseignement est en pleine effervescence. On y prépare - en fouillant les textes législatifs et réglementaires, les archives et la mémoire des hommes - un rapport au général Charlier, chef d'état-major, et au ministre de la Défense. Le député Ecolo Xavier Winkel adresse de son côté treize (pertinentes) questions à Guy Coëme et Wilfried Martens. Entre autres: comment se fait-il qu'en douze ans (pour Martens), ils n'aient pas connu l'existence de Gladio? Le ministre est-il sérieux quand il demande aux enquêteurs (l'armée et le SGR) d'enquêter sur eux-mêmes? Sur quels critères budgétaires et à quelle hauteur ont été fixés les crédits à cette organisation? Quels étaient ses liens avec la Sûreté de l'Etat?

Bron: Le Soir | René Haquin, Alain Guillaume, Marc Metdepenningen | 14 november 1990

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