Condamné à 44 ans et 3 mois
Peine exceptionnelle prononcée mardi matin par M. André Liesse, président de la 8e chambre correctionnelle: il a condamné un prévenu à quarante-quatre ans et trois mois de prison (plus de 66.000 F d’amende)! Cette condamnation, ramenée à vingt ans a été infligée à Jean-Luc Peteau, trente-deux ans, natif de Fayt-Lez-Manage, demeurant à Lembeek (Hal).
Ce spécialiste du recouvrement de toitures était aussi et surtout un roi du hold-up, généralement solitaire: du 19 novembre 1980 au 1er juin 1983, il en a commis vingt-cinq, plus trois tentatives, pour un butin total de l’ordre de onze millions. Certains jours, Peteau faisait trios agressions. Ainsi, le 9 décembre 1982, il attaqua l’agence COB de Grimbergen, celle d’Hoeilaart et la poste de cette localité. Tiercé dans le désordre, de l’illégalité pour un total de 842.900 F. Son coup le plus lucratif, le dernier de la série, lui rapporta 1.737.306 F.
C’est une enquête de M. Naeckaerts, alors de la BSR de Hal, qui fut fatale à Peteau.
Dans ses attendus, M. Liesse a longuement expliqué pourquoi il n’avait pas retenu une unité d’intention globale en faveur de Peteau.
Ses hold-ups avaient pour but de satisfaire des envies ou d’apurer des dettes ponctuelles. Les motifs étaient divers: aider des tiers, acheter une voiture ou un camion, offrir le resto ou le weekend en Ardenne à une de ses maîtresses, se payer des vacances en Autriche …
La notion d’unité d’intention, qui aurait limité la condamnation à dix ans, n’aurait pas satisfait aux principes de la justice distributive et de l’efficacité de la sanction. Une peine de dix ans aurait été “immorale”, “choquante” et “criminogène”, à la fois par son caractère symbolique et dérisoire, et parce qu’ “elle aurait instauré l’impunité à partir du quatrième ou cinquième hold-up, chaque agression supplémentaire devenant gratuite, c’est-à-dire dépourvue de sanction”.
“J’aurais frisé le ridicule”, a commenté M. Liesse, tout en faisant remarquer qu’il avait quand même regroupé des petits paquets de hold-up pour ne pas atteindre le chiffre astronomique auquel on aurait abouti en prononçant vingt-huit peines distinctes. M. Liesse s’est aussi “modéré” en tarifant beaucoup de hold-up à deux ans et demi de prison.
Enfin, à Peteau qui avait invoqué l’absence de toute violence, le juge a fait observer que cette circonstance atténuante avait déjà été retenue dans la correctionnalisation.
Peteau a été acquitté pour un hold-up à Rochefort. Ceux qui ont été retenus ont eu lieu à Genappe (2), Gosselies, Waterloo, Ruisbroek, Bomal, Braine-l’Alleud (2), Binche-Epinois, Grimbergen (2), Beersel, Tourneppe, Auvelais, Pamel-Roosdaal (3), Ninove, Hoeilaart (2), Alsemberg, Leeuw-Saint-Pierre (2), Luttre et sur une autoroute près de cette localité.
Il y avait sept parties civiles: la caisse de chômage FGTB de la région du Brabant wallon, les Assurances Populaires, le Boerenbond, la Raiffeisenkas, la Régie des Postes, la Coopérative Ouvrière Belge et la Norwich Union Fire Insurance Society.
Cinq comparses très occasionnels de Peteau ont été condamnés par le même jugement:
Une femme à six mois, avec le sursis pour ce qui excède la préventive, plus 15.000 F d’amende.
Andrée Baert, 37 ans, ouvrière de Nivelles: vingt-six mois avec le sursis pour ce qui excède la préventive, et 24.000 F d’amende.
José Brux, 32 ans, ébéniste, de Braine-l’Alleud: une série de peines avec sursis faisant au total cinq ans et demi de prison, mais dont seulement six mois ferme”. Plus de 36.000 F d’amende.
Madeleine Dewit, 39 ans, employée à Anderlecht: quinze mois, avec le sursis pour ce qui excède la préventive, et 30.000 F d’amende.
Marco Fiorese, 41 Ans, électricien natif de Sienne, domicilié à Jette: deux ans de prison, avec le sursis pour ce qui excède trois mois.
Bron: Le Soir | 13 Februari 1985
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