Un suicide va-t-il élucider une série de meurtres fous?
La découverte, dimanche, à Etterbeek, du corps sans vie d'une jeune femme, Patricia Matriche, 33 ans, va sans doute permettre d'élucider une série de «meurtres fous» commis dans la région bruxelloise et le Brabant wallon au cours des derniers mois.
Dimanche, on a découvert au domicile de la jeune femme, victime de l'absorption massive de médicaments, les armes qui ont servi à tuer l'artiste-peintre René Claessens, abattu de seize balles, il y a trois semaines à Overijse, sur l'autoroute de Namur. Ces armes seraient également celles qui auraient grièvement blessé de cinq balles un jeune homme, Benoît Legrand, abattu le 30 avril au pied de la butte du Lion de Waterloo.
Patricia Matriche exerçait la profession de chauffeur de taxi. Elle faisait partie de l'écurie où travaillait Marc Leblanc, un taximan sauvagemment assassiné en octobre dernier à Grand-Bigard. Ce meurtre avait été suivi de l'enlèvement d'un jeune pompiste, boulevard Général Jacques à Etterbeek, ainsi que d'une agression commise sur son remplacant, le lendemain de sa disparition. Le concubin de Patricia Matriche, le Français Daniel Tinchon, 42 ans, auquel appartient les armes fait aujourd'hui figure d'homme le plus recherché du Royaume…
Bron: Le Soir | Marc Metdepenningen | 9 Juni 1989
Un suicide va-t-il expliquer une série de meurtres «fous»?
La découverte «banale», dimanche, rue Livingstone à Etterbeek, du corps sans vie d'une jeune femme décédée des suites de l'absorption massive de médicaments, Patricia Matriche (33 ans), va peut-être permettre d'élucider cinq affaires criminelles distinctes qui ont coûté la vie, ces derniers mois, à un chauffeur de taxi (Marc Leblanc, abattu en octobre dernier à Grand-Bigard), au jeune pompiste de la station Texaco du boulevard Général Jacques (Conrad Bosmans, enlevé en octobre 88), à un artiste peintre (René Claessens, assassiné il y a trois semaines, sur un parking de l'autoroute de Namur, à Overijse) et occasionné des blessures graves à un automobiliste (M. Benoît Legrand abattu de cinq balles au pied du lion de Waterloo) et des lésions plus légères au pompiste qui remplaça Conrad Bosmans au lendemain de son enlèvement.
Au domicile de la jeune femme, on a en effet découvert les armes (un pistolet 6,35 et un 7,65) utilisées pour abattre MM. Claessens et Legrand. Elle était en outre une amie de Marc Leblanc et avait rejoint l'écurie de taxis où il travaillait, quelques jours avant son assassinat. Le concubin de la jeune femme, Daniel Tinchon, un Français de 42 ans, propriétaire des deux armes, est en fuite. Interpellé le jour de la découverte du corps sans vie de son amie, il avait été relâché avant qu'on ait pu établir un lien entre ces différentes affaires. Tinchon fait aujourd'hui figure d'«homme le plus recherché du Royaume»...
Le mercredi 18 mai dernier, un chauffeur routier découvrait, dans des taillis bordant l'aire de parcage «Overijse» de l'autoroute Bruxelles-Namur, le corps criblé de balles d'un artiste peintre résidant à Nethen, M. René Claessens. Il avait été exécuté à l'aube, vers 5 heures du matin, d'une douzaine de balles tirées par deux armes différentes, des pistolets de 7,65 mm et 6,35 mm. Confiée à la BSR de Louvain, l'enquête s'orienta dans un premier temps dans le cercle d'amis de la victime mais ne déboucha sur aucun élément intéressant, malgré de nombreuses perquisitions et l'interpellation de quelques suspects.
Dimanche dernier, des policiers découvrirent dans un appartement sis 42 rue Livingstone, à Etterbeek, le corps sans vie d'une jeune femme de 33 ans, Patricia Matriche, exerçant la profession de chauffeur de taxi. Son décès, considéré comme suspect par le parquet de Bruxelles, fut attribué à l'absorption massive de stupéfiants ou de barbituriques. Rien ne permit d'établir qu'elle avait ingurgité ces substances sous la contrainte. Son concubin, Daniel Tinchon, fut interrogé au Parquet mais (curieusement) relâché quelques heures plus tard, aucun élément suffisamment grave ne semblant pouvoir être retenu contre lui.
Lors de la fouille de l'appartement, les enquêteurs avaient en effet mis la main sur deux pistolets, l'un du type FN calibre 7,65, l'autre un baby FN 6,35, ainsi que les munitions correspondantes, le même type d'armes que celles qui avaient servi au meurtre de René Claessens. D'autres découvertes attendaient les enquêteurs de la brigade criminelle: un pantalon appartenant à Tinchon dans les poches duquel se trouvaient d'autres cartouches et un agenda contenant un chèque volé à l'artiste peintre.
Au moment où fut formellement établi le lien entre les armes, les munitions et le chèque découverts rue Livingston et le meurtre de l'artiste peintre, Daniel Tinchon avait déjà disparu dans la nature. Aucun lien entre lui et René Claessens n'a encore pu être établi. La famille de l'artiste dit ne pas connaître cet homme ni sa concubine. Un élément de «voisinage» cependant: Daniel Tinchon est domicilié rue Bois du Bosquet, 67, à Rixensart, non loin de l'endroit où fut commis le meurtre de René Claessens.
Privés de Tinchon, les enquêteurs de la section criminelle de la PJ de Bruxelles poursuivirent néanmoins leurs recoupements et découvrirent une similitude entre les armes retrouvées rue Livingstone et celle utilisée pour commettre une tentative de meurtre, dans la nuit du 30 avril au 1er mai sur la personne d'un jeune homme de Braine-l'Alleud, M. Benoît Legrand, 27 ans. Cette nuit-là, le jeune automobiliste s'était arrêté au pied du lion de Waterloo pour y satisfaire un besoin naturel. Une voiture se porta à sa hauteur et de la portière du passager surgit une arme qui cracha le feu à cinq reprises, le blessant grièvement au flanc et à la poitrine. Quatre douilles furent retrouvées sur place. C'est leur examen balistique, ainsi que celui des balles extraites du corps de M. Legrand, qui permit de déterminer qu'elles provenaient des armes retrouvées rue Livingstone.
Neuf mois plus tôt...
Un autre élément troublant allait rapidement surgir à l'esprit des enquêteurs. Il s'avéra en effet que Patricia Matriche était en étroite relation professionnelle et amicale avec un jeune chauffeur de taxi de 35 ans, Marc Leblanc, qui fut abattu à coup de riot-gun dans la nuit du 5 au 6 octobre. Son corps fut retrouvé deux jours plus tard dans un fossé bordant l'avenue Gosset, à Grand-Bigard. Elle avait en outre rejoint l'écurie de taxis Aal-Renting, au service de laquelle était attaché Leblanc, deux jours avant sa mort, le 4 octobre 1988. Jalousie, querelles personnelles ou coups de folie? Aucun élément matériel ne désigne formellement Tinchon comme le meurtrier de Leblanc. Reste que la coïncidence est considérée comme plus que troublante par les enquêteurs et que l'hypothèse de travail pourrait rapidement déboucher sur l'affirmation d'une certitude. Le caractère «tueur fou» des meurtres de Leblanc, de Claessens, de la fusillade contre M. Legrand et les deux «raids» décrits ci-dessous confortent les soupçons qui pèsent sur le fuyard. Et l'enquête sur l'affaire du meurtre de deux jeunes campeurs français, en septembre dernier sur l'autoroute E19 à Hal, pourrait également trouver un début de solution...
«Nous avons affaire à un fêlé....» C'est ainsi que les policiers de la section criminelle qualifièrent les faits qui se produisirent au lendemain de l'assassinat de Leblanc. Avant qu'on ait retrouvé son corps, un jeune pompiste de 20 ans, Conrad Bosmans, affecté à la station Texaco du boulevard Général Jacques, située à l'entrée de l'autoroute de Namur, à deux cents mètres du siège de Aal Renting, disparut mystérieusement. On ne devait jamais le revoir. Le lendemain, son remplaçant fut pris pour cible par l'un des trois occupants du taxi volé à Leblanc. Il échappa à la mort grâce à un réflexe providentiel et ne fut que légèrement blessé. Le taxi fut retrouvé non loin de la station. Un chien pisteur de la gendarmerie perdit la trace de ses occupants sur un parking... Ils avaient probablement embarqué dans une voiture-relais et pris la fuite par l'autoroute de Namur. Jusqu'au domicile de Tinchon?...
Les juges d'instruction chargés de ces différents dossiers criminels, Mme Coppieters't Wallant, M. Vlogaert (Bruxelles) et M. Maes (Nivelles), ont diffusé un avis de recherche concernant Daniel Tinchon. Toute personne qui pourrait fournir des renseignements est priée de contacter la BSR de Louvain (016/20.33.03), la police judiciaire de Bruxelles (02/508.71.11), la police judiciaire de Nivelles (067/21.89.51) ou la BSR de Nivelles ( 067/21.21.31).
Bron: Le Soir | Marc Metdepenningen | 9 Juni 1989
Vertaling en samenvatting:
De ontdekking van het lichaam van de 33-jarige taxichauffeur Patricia Matriche in Etterbeek zou mogelijk verschillende onopgeloste moordzaken in Brussel en Waals-Brabant met elkaar verbinden. In haar appartement vonden speurders twee FN-pistolen (kaliber 7,65 mm en 6,35 mm) die volgens ballistisch onderzoek gebruikt werden bij de moord op kunstschilder René Claessens in Overijse en bij de schietpartij op Benoît Legrand aan de Leeuw van Waterloo.
Matriche werkte in hetzelfde taxibedrijf als Marc Leblanc, een taxichauffeur die in oktober 1988 met een riotgun werd vermoord in Groot-Bijgaarden. Kort na die moord verdween ook pompbediende Conrad Bosmans spoorloos na een ontvoering aan een Texaco-station in Etterbeek. Zijn vervanger werd een dag later beschoten door de inzittenden van een gestolen taxi van Leblanc.
De hoofdverdachte werd de Franse partner van Matriche: Daniel Tinchon, 42 jaar oud, wonend in Rixensart. Hij was eigenaar van de wapens die in het appartement werden gevonden. Hoewel hij aanvankelijk werd verhoord en vrijgelaten, sloeg hij daarna op de vlucht en werd hij “de meest gezochte man van het land”.
In het appartement vond men bovendien munitie en een gestolen cheque van René Claessens in een broek van Tinchon. Speurders legden ook een verband met de schietpartij op Benoît Legrand: de hulzen en kogels kwamen overeen met de wapens uit de woning.
De onderzoekers begonnen Tinchon te zien als een mogelijk "krankzinnige moordenaar", verantwoordelijk voor een reeks willekeurige en extreem gewelddadige feiten. Zelfs de dubbele moord op twee Franse kampeerders langs de E19 werd in verband gebracht met het dossier.
Première inculpation pour Tinchon - le meurtrier fou? - arrêté Bruxelles
Daniel Tinchon, suspecté d'avoir trempé dans cinq affaires criminelles au moins et considéré comme l'un des personnages les plus dangereux et les plus recherchés du royaume a été appréhendé lundi soir. Il est tombé dans les mailles du filet tissé par la BSR et a aussitôt été entendu par les enquêteurs avant d'être déféré devant le juge d'instruction M. Vlogaert, de Bruxelles.
Compte tenu du nombre et de l'importance des dossiers dans lesquels son nom apparaît, son audition au palais de Justice de Bruxelles puis à la BSR de Louvain s'est prolongée tard dans la journée d'hier. Ce n'est donc que ce mercredi que l'on en saura davantage sur l'emploi du temps de l'ex-fugitif et sur la manière dont il compte organiser sa défense.
Nous l'avons longuement expliqué dans nos précédentes éditions (Le Soir du 10 juin dernier), Daniel Tinchon, sujet français âgé de 42 ans, est fortement soupçonné d'avoir été mêlé au meurtre de René Claessens, l'artiste-peintre de Nethen exécuté d'une douzaine de balles de pistolets le 18 mai à l'aube sur le parking d'Overijse de l'autoroute Bruxelles-Namur.
Dans l'appartement etterbeekois de sa compagne, elle-même retrouvée sans vie après avoir absorbé une dose massive de médicaments ou de stupéfiants, la police devait retrouver, il y a une dizaine de jours, un pantalon appartenant à Tinchon. Dans les poches, un agenda, un chèque ayant appartenu à l'artiste, et des cartouches.
Mieux, lors de la fouille du logis, rue Livingstone, ils allaient encore mettre la main sur deux armes, des pistolets FN de calibre .7,65 et baby FN de calibre .6,35, les armes qui avaient tiré à Overijse, ainsi qu'allait formellement l'établir l'expertise balistique... Ajoutons à ces éléments matériels que Tinchon, domicilié officiellement rue Bois du Bosquet, 67, à Rixensart, non loin de l'endroit où fut commis le meurtre de René Claessen, avait brusquement disparu de son domicile.
De découverte en découverte
Mais les policiers n'étaient pas au bout de leurs surprises. Patricia Matriche, la compagne défunte de Tinchon, était, de son vivant, en étroite relation professionnelle avec un jeune chauffeur de taxi de 35 ans, Marc Leblanc, abattu à coups de riot gun, la nuit du 5 au 6 octobre dernier. Son corps criblé de projectiles avait été retrouvé deux jours plus tard dans un fossé, à Grand-Bigard, et le meurtrier n'avait pu être identifié à l'époque. Nouvelle «coïncidence» troublante...
Etape suivante: le rapprochement avec une double agression commise contre deux pompistes de la station Texaco du boulevard Général Jacques à Bruxelles en octobre 1988. La première des victimes, Conrad Bosmans, 20 ans, fut enlevée par un mystérieux automobiliste et disparut sans laisser de traces. Tout porte à croire que le jeune homme a été abattu et son corps abandonné en un endroit désert. Le lendemain, son remplaçant fut pris pour cible par un mystérieux tireur qui était arrivé à la station à bord... du taxi volé à Marc Leblanc.
Enfin, la nuit du 30 avril au 1er mai dernier, un jeune homme de Braine-l'Alleud, Benoît Legrand, 27 ans, fut «fusillé» à bout portant par un automobiliste inconnu qui venait de s'arrêter à sa hauteur alors qu'il se préparait à satisfaire un besoin naturel au pied de la butte du lion de Waterloo. Les douilles retrouvées sur place provenaient des armes retrouvées rue Livingstone à Etterbeek.
Il nie
Bref, la découverte du cadavre de Patricia Matriche et celle des objets ayant appartenu à Tinchon ont relancé spectaculairement les enquêtes sur ces meurtres et disparition non élucidés à ce jour. Comme on le devine, Daniel Tinchon était devenu éminemment suspect aux yeux des enquêteurs et son signalement, accompagné de sa photo, avaient été largement diffusés dans le public.
Lundi vers 16 h 15, une patrouille de gendarmes en civil de la BSR, a repéré le fugitif à hauteur de la gare du Nord à Bruxelles. Interpellé aussitôt, Tinchon s'est laissé appréhender sans opposer de résistance. Après avoir subi un premier interrogatoire, il a été déféré, mardi, devant le juge d'instruction M. Vlogaert qui, dans un premier temps, l'a inculpé du meurtre pour faciliter le vol de René Claessens à Overijse.
Les juges d'instruction, Mme Coppieters 't Wallant, de Bruxelles également, et Maes, de Nivelles, étant en charge des autres dossiers dans lesquels le nom de Tinchon apparaît, il conviendra de regrouper l'ensemble des affaires entre les mains d'un seul magistrat. Traditionnellement - encore que ce ne soit pas une règle impérative - c'est le premier des magistrats saisis qui se voit ainsi confier l'entièreté du dossier.
Ajoutons pour conclure que hier après-midi, Tinchon continuait à nier formellement toute participation au meurtre d'Overijse, en dépit des charges de plus en plus accablantes qui pèsent sur lui.
Bron: Le Soir | Marc Metdepenningen | 14 Juni 1989
Vertaling en samenvatting:
Na een grootschalige zoektocht werd Daniel Tinchon gearresteerd nabij het Noordstation in Brussel. Hij verzette zich niet bij zijn arrestatie.
Onderzoekers vermoedden toen al dat hij betrokken was bij minstens vijf zware dossiers:
de moord op René Claessens;
de moord op taxichauffeur Marc Leblanc;
de verdwijning van Conrad Bosmans;
de schietpartij op diens vervanger;
de poging tot moord op Benoît Legrand.
In het appartement van Patricia Matriche waren de moordwapens gevonden, samen met munitie en een cheque van Claessens. Ballistisch onderzoek koppelde de wapens rechtstreeks aan de feiten.
Het artikel beschreef hoe de politie stap voor stap verbanden legde tussen aanvankelijk afzonderlijke dossiers. Toch bleef Tinchon formeel alles ontkennen.
De Bruxelles à Nivelles: Tinchon reste en prison
Pas de surprise lundi après-midi à Nivelles. La Chambre du Conseil a prolongé d'un mois le mandat d'arrêt à charge de Daniel Tinchon soupçonné du meurtre de l'artiste peintre hamme-lillois René Claessens le 18 mai dernier et de la tentative d'assassinat perpétrée au cours de la nuit du 30 avril au 1er mai sur le Baulersois Benoît Legrand au pied de la butte du Lion de Waterloo.
Ce dossier prouve que la coordination entre parquets, juges d'instruction et enquêteurs n'est pas un modèle du genre. Tinchon, dont le système de défense consiste à tout nier, même ce que les personnes qui l'ont pris en charge depuis plusieurs semaines considèrent comme l'évidence, reste en effet sous le coup de deux mandats d'arrêt.
Malgré diverses tentatives de rationalisation, aucune disposition n'a encore été prise depuis près d'un mois afin de centraliser les affaires dans lesquelles il est soupçonné d'avoir trempé. Il serait pourtant plus simple et plus efficace de confier à un seul corps d'enquêteurs le soin de démêler l'écheveau.
Mal pris
Le volet nivellois se limite, si l'on ose dire, au meurtre et à la tentative précités, ainsi qu'à une prévention relativement secondaire de détention illégale d'armes. Cette dernière, il la nie aussi alors que des témoins affirment les avoir vues en sa possession bien avant les faits. Or, l'expertise est - semble? - formelle, ces armes ont été utilisées, dans les deux cas.
Tinchon est donc mal pris. Un seul exemple le prouvera. On a retrouvé sur lui un chèque appartenant à M. Claessens. Il se contente de déclarer qu'il l'aurait reçu moyennant payement inférieur au montant qui y figure. De même, il avance certaines «affirmations» (!) quant à des points soulevés par des articles de presse précédant son arrestation. Par contre, il reste à quia lorsqu'on l'interroge sur des volets non abordés par la presse. Etonnant, non?
Bron: Le Soir | 4 Juli 1989
Vertaling en samenvatting:
De raadkamer van Nijvel verlengde de voorlopige hechtenis van Daniel Tinchon met een maand. Het artikel bekritiseerde de gebrekkige coördinatie tussen Brusselse en Nijvelse magistraten en speurders.
Hoewel Tinchon alles bleef ontkennen, vonden onderzoekers de bewijzen zwaar belastend:
getuigen hadden hem eerder met de wapens gezien;
de ballistiek leek sluitend;
hij bezat een cheque van René Claessens.
Volgens het artikel gaf Tinchon vaak verklaringen gebaseerd op informatie die reeds in de pers verschenen was, maar zweeg hij over elementen die niet openbaar waren gemaakt.
Une affaire de discordances - Le meurtre de l'artiste peintre Claessens correctionnalisé à Nivelles
La Chambre des Mises en accusation de Bruxelles a réformé une ordonnance de la Chambre du Conseil de Nivelles et elle a renvoyé devant le tribunal correctionnel Daniel Tinchon du chef de complicité pour meurtre et tentative de meurtre ainsi que de recel de chèque et de détention et port d'armes. L'intéressé n'a cessé de nier.
Abattu de plusieurs balles - tirées par un automobiliste
Dans la nuit du 30 avril au 1er mai 1989, Benoit Legrand fut abattu de plusieurs balles tirées par un automobiliste alors qu'il se trouvait au pied de la butte du Lion de Waterloo. Il s'en tira par miracle.
Le 18 mai, un artiste peintre de Néthen, René Claessens, fut exécuté sur un parking de l'autoroute Bruxelles-Namur, à Overijse, d'une douzaine de balles tirées par deux armes. Le 4 juin suivant, le chauffeur de taxi Patricia Matriche mourut dans son appartement d'Etterbeek suite à l'absorption massive de stupéfiants.
Les soupçons se portèrent sur son ancien compagnon, Daniel Tinchon, contre lequel un avis de recherche fut lancé. Il finit par se faire appréhender et l'ensemble des dossiers fut transféré au juge d'instruction nivellois Luc Maes. La liaison avec le meurtre de l'artiste peintre fut opérée grâce à un chèque destiné à ce dernier retrouvé dans les vêtements de Tinchon. Celui-ci prétend l'avoir reçu de sa compagne qui l'avait elle-même encaissé comme paiement d'une course de taxi.
Tinchon a toujours nié les faits qui lui sont reprochés. Il faut croire que les preuves (?) réunies par l'enquête ne sont pas spécialement probantes puisque la Chambre du Conseil de Nivelles, qui avait rendu plusieurs ordonnances de libération régulièrement réformées par la Chambre des Mises en accusation, s'est finalement prononcée pour un non-lieu pour les deux faits les plus graves, se contentant d'un renvoi du chef de recel et aussi de port d'armes.
Une ordonnance réformée
La Chambre des Mises a réformé cette ordonnance dans son ensemble et l'intéressé sera donc invité à s'expliquer devant la correctionnelle à Nivelles.
L'affaire a été fixée au mercredi 12 décembre.
Bron: Le Soir | 16 November 1990
Vertaling en samenvatting:
De Kamer van Inbeschuldigingstelling hervormde een eerdere beslissing van de raadkamer die onvoldoende bewijzen zag voor een assisenproces. Daardoor werd Tinchon alsnog naar de correctionele rechtbank verwezen wegens medeplichtigheid aan moord en poging tot moord.
Het artikel benadrukte de zwakte van het dossier:
Tinchon verklaarde opnieuw dat Patricia Matriche de cheque van Claessens had gekregen als betaling voor een taxirit. De rechtbank moest uiteindelijk beoordelen of de vele indirecte elementen samen voldoende waren voor een veroordeling.
Le prévenu nie les faits et décide d'assumer seul sa défense
Etre accusé de meurtre et de tentative de meurtre, se retrouver devant la correctionnelle et assumer soi-même sa défense, avec d'ailleurs un réel aplomb: telle est la tranche de vie de Daniel Tinchon depuis juin 1989. Il retrouvera la 6e chambre de Nivelles le 2 janvier prochain et, faut-il l'ajouter, il plaidera l'acquittement.
Mercredi, en fin d'audience, il avait déposé une requête écrite visant à obtenir sa mise en liberté. Le tribunal, siégeant en chambre du conseil jeudi, l'a repoussée. La veille, la présidente, Mme Janine Cuvelier, a consacré une avant-midi à l'interrogatoire du prévenu. Il doit répondre du meurtre de l'artiste-peintre grézien René Claessens, au cours de la nuit du 17 au 18 mai 1989, sur un parking d'autoroute à Overijse; de la tentative de meurtre de Benoît Legrand, le 1er mai précédent, au pied de la butte du Lion de Waterloo, ainsi que de préventions connexes de recel de chèques, de port et détention d'armes.
Comment expliquer cette présence en correctionnelle pour cet homme de 44 ans, domicilié rue du Bois du Bosquet, à Rixensart? La Chambre du Conseil de Nivelles avait rendu une ordonnance de non-lieu pour les deux faits les plus graves mais la Chambre des Mises en accusation de Bruxelles la réforma et renvoya le prévenu non par-devant les Assises mais en première instance.
L'homme nie comme il l'a toujours fait depuis son arrestation. Les «preuves»? Deux pistolets, un 7.65 et un 6.35 découverts en même temps que des grenades et autres munitions dans un sac chez son amie Patricia Matriche, morte d'overdose le 4 juin 1989. Il affirme en ignorer l'origine.
Selon un expert, ces deux armes ont été utilisées pour tuer l'artiste-peintre et l'une d'elles à Waterloo. A en croire Tinchon, ces pistolets auraient été remis à sa compagne. Par qui? Quelqu'un que tu ne connais pas, lui aurait-elle répondu sans qu'il ait insisté.
Autre «preuve», un chèque remis à René Claessens par une femme. Comment Patricia Matriche le posséda-t-elle? Mystère. Quoi qu'il en soit, on l'a retrouvé dans un vêtement de Tinchon qui affirme l'avoir reçu de son amie contre 6.000 F en liquide.
Là non plus, on ne semble pas s'être posé trop de questions, à l'image du million six cent mille francs que Tinchon rapporta à sa compagne quelques jours avant de partir au Portugal ouvrir un bar.
Le brouillard est le même pour Waterloo. Benoît Legrand, en train de satisfaire un besoin naturel, fut interpellé par le passager d'une voiture qui lui demanda où se trouvait le Rétro, un bar de la route Waterloo-Charleroi. Avant qu'il ait répondu, l'inconnu vida un chargeur en sa direction.
On a retrouvé chez Matriche un plan de Bruxelles avec quelques annotations de la main de Tinchon et quelques croix tracées par lui et, vraisemblablement, par sa compagne.
Trois d'entre elles font face au Rétro. Le prévenu avait-il «signé» sa tentative de meurtre? Et comment aurait-il pu savoir qu'il allait rencontrer en pleine nuit un automobiliste ayant joyeusement fêté une communion à quelques kilomètres de là?
Au nom de la famille Claessens et de Benoît Legrand, Me Jean-Paul Dumont s'est constitué partie civile. Il a annoncé pour la prochaine audience le dépôt de conclusions tendant à prouver l'incompétence du tribunal. Il réclamera les Assises à défaut de pouvoir solliciter une chambre à trois juges comme aurait pu le demander le prévenu. En revanche, il a obtenu l'audition de l'expert en balistique Demanet.
Bron: Le Soir | Jean Vandendries | 14 December 1990
Samenvatting en vertaling:
Daniel Tinchon verscheen voor de correctionele rechtbank van Nijvel wegens de moord op René Claessens en de poging tot moord op Benoît Legrand. Opmerkelijk was dat hij zichzelf verdedigde zonder advocaat en volledige vrijspraak eiste.
Tinchon ontkende alle beschuldigingen. Volgens hem wist hij niet waar de wapens vandaan kwamen die bij Patricia Matriche werden gevonden. Hij beweerde dat zijn vriendin ze van een onbekende had gekregen. Ook over de cheque van René Claessens zei hij dat Matriche die aan hem had gegeven in ruil voor geld.
Het parket wees op meerdere belastende elementen:
de wapens die ballistisch gekoppeld werden aan beide schietincidenten;
een kaart van Brussel met markeringen nabij de bar “Le Rétro”;
munitie en explosieven in de woning;
verdachte geldstromen;
het bezit van de cheque van Claessens.
Toch bleef het dossier grotendeels circumstantieel. Er was geen duidelijk motief en geen rechtstreeks bewijs dat Tinchon zelf geschoten had.
En correctionnelle à Nivelles pour un meurtre à Overijse et une tentative de meurtre à Waterloo
Tinchon: "C'est à vous de prouver que je suis coupable"
Un prévenu qui risque un maximum de dix ans de prison mais qui plaide seul l'acquittement pour cinq préventions dont deux de complicité pour meurtre et tentative de meurtre, voilà qui n'est pas banal. C'est pourtant l'entreprise que tente de mener à bien Daniel Tinchon qui répond devant le tribunal correctionnel de Nivelles de complicité dans la tentative de meurtre sur la personne de Benoit Legrand le 1er mai au pied du lion de Waterloo et de complicité dans le meurtre du peintre René Claessens sur un parking autoroutier d'Overijse le 18 mai suivant.
Hier après-midi, Daniel Tinchon a répliqué durant plus d'une heure et demie aux réquisitions développées toute la matinée par le premier substitut du procureur du Roi de Nivelles Raymond Loop. Le gaillard a du coffre. La présidente Jeannine Cuvelier, qui a pris force notes et dont l'attention n'a jamais souffert le moindre relâchement, rendra son jugement le 22 mai.
Cette affaire Tinchon avait occupé trois audiences à la fin de l'année dernière et au début de la nôtre lorsque le parquet découvrit un vice de procédure. Le tribunal se déclara incompétent et la Cassation lui renvoya le dossier.
Le prévenu la trouve saumâtre, lui qui est incarcéré depuis près de deux ans. A de nombreuses reprises il fut remis en liberté par la chambre du Conseil dont les ordonnances furent systématiquement réformées par celle des Mises en accusation.
Il nie avec un bel aplomb et une parfaite connaissance du dossier toutes les préventions mises à sa charge. M. Loop l'a d'ailleurs reconnu: l'enquête a échoué, le mobile n'est pas trouvé et les auteurs de ces deux forfaits restent inconnus.
Il ne faut cependant pas qu'il y ait mobile et/ou auteurs pour trouver un complice, s'empressa-t-il d'ajouter avant de passer en revue les éléments susceptibles selon lui de raisonnablement croire en la complicité du prévenu non seulement dans les préventions secondaires de recel, de port et détention d'armes de défense mais, surtout, dans celles de tentative de meurtre et de complicité de meurtre.
Les charges directes? Des armes, des munitions, un chèque ayant appartenu à l'une des victimes. Les charges indirectes? Un plan de Bruxelles, un croquis, un listing informatique avec repérage de voitures et une rubrique «Nanas», une cavale en France avec modification de physionomie.
Tinchon ne se laisse pas manipuler. L'après-midi, il s'installe à la barre et il base sa défense sur trois axes, les répliques aux réquisitions matinales et à celles de la partie civile données le 17 avril, la plaidoirie proprement dite. A chaque point litigieux soulevé, il apporte sa version, mettant en lumière d'autres circonstances troublantes puisées dans le volumineux dossier.
Il sait que les arguments présentés contre lui pour la tentative de meurtre de Waterloo tiennent peu la route, au point que l'avocat de la partie civile n'a pas jugé utile de déposer des conclusions. Il essaie d'enfoncer un coin dans l'extrême droite à laquelle appartint la victime qui, elle aussi, varia dans ses déclarations.
Il n'ignore pas que la voiture du peintre fut découverte sur un parking dans la direction opposée à celle qu'il avait initialement prise pour regagner son domicile.
Jamais je n'ai porté les armes que l'expert affirme avoir été utilisées dans les deux cas. Je les ai manipulées, je ne le nie pas, mais ce n'est pas à moi d'apporter la preuve de mon innocence, c'est à vous de prouver que je suis coupable. J'ai eu mille fois l'occasion de les faire disparaître et je ne l'ai pas fait. Or, vous dites que mon Q.I. est celui d'un être supérieur...
Bron: Le Soir | Jean Vandendries | 25 April 1991
Samenvatting en vertaling:
Tijdens een nieuwe zitting in Nijvel hield Daniel Tinchon anderhalf uur lang zelf een pleidooi. Hij benadrukte dat het onderzoek geen motief had gevonden en zelfs de identiteit van de daadwerkelijke schutters onbekend bleef.
Het openbaar ministerie verwees opnieuw naar:
de wapens;
de munitie;
de cheque van Claessens;
een kaart met aantekeningen;
een computerlijst met nummerplaten;
zijn vlucht naar Frankrijk en verandering van uiterlijk.
Tinchon gaf toe dat hij de wapens ooit had vastgenomen, maar ontkende ze gebruikt te hebben. Hij stelde dat hij ruim de tijd had gehad om ze te laten verdwijnen als hij werkelijk schuldig was. Hij viel ook inconsistenties in het onderzoek aan, onder meer rond de route van René Claessens vóór zijn dood en verklaringen van Benoît Legrand.
Zijn centrale argument was juridisch eenvoudig:
"Het is niet aan mij om mijn onschuld te bewijzen, maar aan u om mijn schuld te bewijzen."
"Le monde est dangereux à vivre! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire." Volg ons via »
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