In het proces tegen Steve en Samson Becker voor de moord op Laurette Derudder in 2009 stonden afgeluisterde gesprekken centraal. De twee familieleden, afkomstig uit een Roma-familie met een eigen Frans-Roma-dialect, zouden tijdens een gesprek in het gerechtsgebouw hebben gesproken over “waarom Samson de vrouw had gedood”. De onderzoekers vertaalden die uitspraak als belastend, maar Steve verklaarde dat hij die vraag enkel stelde omdat de politie hem had verteld dat Samson de dader was. Beide verdachten blijven de feiten ontkennen.
Steve Becker probeerde ook DNA-sporen op een doek nabij het slachtoffer te verklaren. Volgens hem had Laurette hem eerder die avond orale seks gegeven, waarna zij zich met dat doek uit zijn auto zou hebben afgeveegd en het bij zich had gestoken. De burgerlijke partijen vonden die uitleg weinig geloofwaardig, onder meer omdat het slachtoffer tussen beide momenten nog eten en drinken had genuttigd. Steve zegt dat hij Laurette levend heeft achtergelaten; Samson ontkent haar die avond te hebben meegenomen. Hun advocaten wezen de jury erop dat beide mannen als onschuldig moeten worden beschouwd zolang hun schuld niet bewezen is.
Mons: "cours de gitan" au procès Becker
Le lundi après-midi à la cour d’assises du Hainaut, où sont jugés pour meurtre Steve et Samson Becker, a été consacré aux écoutes pratiquées par les enquêteurs. Ce qui a donné lieu à une petite leçon du dialecte gitan particulier usité dans la famille Becker.
Samson Becker, 21 ans, et son oncle Steve, 27 ans, sont actuellement jugés à Mons, devant la cour d’assises du Hainaut, pour leur participation supposée au meurtre de Laurette Derudder, 40 ans. La victime est une pauvre femme alcoolique à la dérive, qui monnayait ses faveurs contre quelques bières. Elle a été tuée de 61 coups de couteau dans la nuit du 18 au 19 décembre 2009.
Les deux accusés nient avec une détermination farouche, souvent sans fournir d’explication.
Le contexte est particulier. Les deux accusés, illettrés, appartiennent à une famille de gitans plus ou moins sédentarisés dans le Borinage. Le nom Becker fait peur, à tort ou à raison. Le clan vit en marge, avec ses propres valeurs et même son propre langage, mélange de français et de langue gitane.
Pas de traducteur officiel pour ce langage, aussi les enquêteurs ont-ils joué les traducteurs ce lundi après-midi lors de la diffusion au procès d’une partie de leurs écoutes. Le chtar, c’est la prison, le clisto, le policier, etc.
Il s’agissait en l’occurrence d’écoutes réalisées au palais, tandis que Steve et Samson Becker attendaient d’être entendus. L’oncle et le neveu ont là une conversation assez houleuse. On entend par exemple Steve demander à Samson: “pourquoi tu as maravé la djewelle?” (“pourquoi as-tu tué la femme?”).
Après l’audition et la traduction de ce qui peut sembler être une phrase accablante, la détermination des accusés n’est pas ébranlée, ni leur solidarité familiale (bien qu’ils soient en froid). S’il a demandé ça à son neveu, c’est parce que les policiers lui avaient dit que Samson avait tué Laurette, explique Steve. “Je comprends Steve”, ajoute Samson.
Bron: Sudinfo | 17 September 2012
Procès Becker à Mons: "Les traces d'ADN? C'est la victime qui s'est essuyée après une fellation"
Chiffon retrouvé avec ses traces d’ADN près de la morte? Steve Becker, l’un des deux accusés (avec son neveu Samson) du meurtre de Laurette Derudder, l’explique par une fellation dans les toilettes d’un café. Les avocats des parties civiles restent très... dubitatifs.
Entendu ce matin lors de l’ouverture des Assises du Hainaut (Mons), Steve Becker, accusé avec son neveu Samson, du meurtre de Laurette Derudder (61 coups de couteaux) a souhaité mettre en avant un nouvel élément. Et expliquer, selon lui, le fait qu’un chiffon portant ses traces d’ADN ait été retrouvé près du corps.
Selon Steve Becker, la victime lui avait pratiqué une fellation dans les toilettes d’un café de Frameries. Elle se serait ensuite essuyée, dans la voiture de Steve Becker, avec une loque “ micro-fibres”, saisie dans la portière. Puis elle aurait remis cette même loque dans sa poche.
Moue particulièrement dubitative des avocats des parties civiles. Car, entre cette fellation dans les toilettes et son passage dans la voiture de Steve Becker, la victime a consommé deux bières Leffe et une portion de fromage. Pourquoi aurait-elle pris tout ce temps avant de “s’essuyer”? A cette question, Steve Becker n’a pu apporter de réponse.
Finalement, l’interrogatoire des accusés s’est révélé bref, ceux-ci contestant les faits qui leur sont reprochés. Seules des questions pratiques sur leur emploi du temps et sur des éléments repris par l’accusation comme étant à leur charge leurs ont été posées.
Steve Becker reconnaît avoir passé la soirée en compagnie de Laurette Derudder mais affirme l’avoir quittée vivante.
“Moi, Laurette, je la connais vraiment bien depuis longtemps. C’était une femme facile. Vous croyez vraiment que j’aurais fait du mal à une femme qui me faisait du bien?”, a répond Steve Becker.
Me Elena D’Agristina, qui défend les intérêts de la partie civile, a souligné que jamais l’accusé n’avait fourni cette explication avant aujourd’hui.
“J’ai tout expliqué aux inspecteurs. Mais je ne sais pas lire, je ne sais pas ce que les policiers marquent dans leurs dossiers”, a indiqué l’accusé.
Plusieurs témoins reconnaissent Samson Becker comme étant l’homme qui a quitté un café de Jemappes en compagnie de Laurette Derudder le 18 décembre 2009. Des accusations que l’accusé conteste formellement. “J’étais pas au café. Si j’avais commis un crime, je m’en rappellerais”, a affirmé Samson Becker.
Me Nathalie Buisseret, qui représente Steve Becker et Me Laurent Kennes défenseur de Samson Becker, ont rappelé à l’intention des jurés que leurs clients étaient présumés innocents et que l’erreur judiciaire n’était ni une fiction ni une exception mais une réalité.
L’après-midi de lundi sera consacrée à l’audition des inspecteurs en charge de l’enquête.
Bron: Sudinfo | 17 September 2012