Onderstaand artikel van maart 1985 beschrijft hoe het onderzoek naar de Bende van Nijvel in maart 1985 in een moeilijke fase zat. De drie nog aangehouden verdachten - Michel Cocu, Adriano Vittorio en Michel Baudet - zouden mogelijk niet voor het hof van assisen verschijnen, maar voor de correctionele rechtbank van Nijvel.
Volgens het artikel vond het parket het dossier te zwak en te "fragiel" voor een assisenproces, ondanks de enorme omvang van het onderzoek (veertien dozen met telkens honderden pagina’s). De magistraten wilden de drie verdachten wel in de cel houden omdat ze hen als gevaarlijke criminelen beschouwden.
Concreet wilde justitie zich voorlopig beperken tot één feit waarvoor er bekentenissen waren: de overval op de Delhaize van Genval op 11 februari 1983. Bij die overval was geschoten, maar er vielen geen doden. Daardoor kon het dossier correctioneel behandeld worden. Het artikel suggereert dat justitie het dossier "opsplitst" om toch minstens een veroordeling te verkrijgen en zo de voorlopige hechtenis van de verdachten te verlengen.
Les “tueurs tous” du Brabant wallon passeront devant la correctionnelle
C'est lors de leur prochaine comparution, le 8 avril, devant la chambre du conseil de Nivelles, que les trois derniers personnages détenus dans l'affaire dite des tueries du Brabant wallon pourraient connaitre le sort que la justice entend leur réserver dans les prochains mois.
Il n'est, bien sûr, pas question d'une remise immédiate en liberté. Les autorités nivelloises entendent conserver «sous la main » ceux qu'elles tiennent toujours, preuves à l'appui, comme de très dangereux truands.
Il n'est pas question de leur renvoi devant les assises du Brabant dans un avenir proche. Mais il est plus que jamais question du renvoi de Michel Cocu, Adriano Vittorio et Michel Baudet devant le tribunal correctionnel de Nivelles.
Explication? Il apparaît évident que le dossier, pourtant riche de quatorze cartons, représentant chacun à peu près huit cents pages, demeure infiniment trop fragile, aux yeux du parquet de Nivelles, pour permettre le procès d'assises de ceux que l'on soupçonne toujours d'appartenir à la bande de Nivelles et du Borinage.
Mais il y a que d'autres personnes sont, de toute évidence, en liberté, qu'elles n'ont jamais été inquiétées et qu'elles risquent fort de ne jamais l'être si l'enquête, effectuée au départ de Nivelles avec les moyens du bord, ne connait pas un nouvel envol.
Seule l'attaque du Delhaize de Genval, le 11 février 1983, a fait l'objet d'aveux dans le chef de Vittorio, de Baudet et de Cocu. Cette agression s'était déroulée façon “classique”. Un coup de feu avait été tiré. Mais il n'y avait pas eu mort d'homme et l'affaire ne représente qu'une goutte d'eau dans l'ensemble des mésactions attribuées aux tueurs fous.
Alors, la justice “scinde”, elle “saucissonne”, et le parquet de Nivelles se contentera, dans un premier temps, de porter cette seule affaire à la connaissance de la justice correctionnelle.
De quoi obtenir la condamnation des trois suspects, et de justifier, ainsi, leur maintien pour quelques mois, sous les liens du mandat.
On s'oriente donc tout net vers un premier proces - à Nivelles - dans quelques mois, avant un autre - mais quand? - devant les assises. Cocu et Baudet ont été examinés par les psychiatres. Vittorio doit encore l'être et c'est la rentrée de ce dernier rapport d'expertise mentale qui déterminera la date du renvoi. Cela devrait être assez rapide.
Aucun commentaire de source autorisée. A Nivelles, jours le “black out”. Mais il est certain que l'annonce du choix de cette solution a tout de même fait. dire à certains que, dans l'affaire des tueries sanglantes, la montagne accouche tout doucement d'une souris. Ce qui signifie surtout que, dans ce dossier où il est question de la mort de douze innocents, la partie la plus importante du travail policier reste effectuer, après quinze mois de piétinement.
Dans n'importe quel pays limitrophe, ce constat suffirait à ce que l'autorité de police prenne des mesures. En Belgique, ce n'est, apparemment, pas le cas!
Bron: La Dernière Heure | 8 Maart 1985