11

Pour: Enfin la vérité?

Depuis quelques semaines, la PJ de Bruxelles et le Comité supérieur de contrôle ont repris l’enquête sur l’incendie du journal Pour, victimes d’un attentat criminel en 1981. Nouvelles pistes, documents et témoignages.

Qui a commandité l’incendie de l’hebdomadaire? Depuis 10 ans, le mystère perdure. Va-t-on enfin y voir plus clair? La PJ de Bruxelles a repris en mains l’enquête. Le Comité supérieur de contrôle s’en mêle.

Entre 1979 et 1981, le journal Pour a multiplié les révélations sur les mouvements d’extrême-droite et sur différents scandales politico-financiers en Belgique. Le 5 juillet 1981, ses locaux sont incendiés par un commando de six motards accompagnés de deux sympathisants du Front de la Jeunesse, et d’un ancien gendarme égaré dans cette triste aventure.

Dans un premier temps, l’enquête de la PJ piétine. Elle examine, à la loupe, une affaire de moeurs en Brabant wallon, ce que l’on appelera plus tard "l’affaire Pinon". Néanmoins, cette piste, l’une de celles dénoncées aux enquêteurs par Jean-Claude Garot, le rédacteur en chef de Pour, ne donne rien.

Début septembre, coup de théâtre: le même Jean-Claude Garot confie au juge d’instruction Biseau d’Hautville, le nom des exécutants de l’incendie. En tout cas, de certains d’entre eux sont identifiés par l’animateur de Pour, Yves Trousson et Fernand Urbain (les deus sympathisants du FJ), Michel Van Hove (le gendarme égaré) et Jean-Philippe Van Engeland, alias "Flupke". Ce membre du Vlaamse Militant Orde et du Front de la Jeunesse est prèsenté par Garot comme la "chamière entre les exécutants et les commanditaires de l’incendie.

A la base de ces révélations se trouve un certain Armand Stroobant. Selon la version du rédacteur en chef de Pour, ce jeune gars un peu paumé qui, par ailleurs, est le fils d’un collaborateur occasionnel de Pour, est venu le trouver afin de lui confier qu’il a failli être recruté pour participer à l’attentat. Au dernier moment, il aurait refusé de se lancer dans l’aventure …

Là-dessus, Garot entame une enquête dont les recoupements confirment les déclarations de Stroobants. A partir de ces renseignements, les investigations menées à la PJ par Luc Versonnen (dit le "commissaire la baffe" pour son amour immodéré des bottins de téléphone …) et de Serge Sabourin (aujourd’hui recasé à Interpol-Lyon) prennent un nouveau tour.

Il ne leur faut que quelques jours pour obtenir des aveux circonstanciés d’Urbain, Van Hove et Trousson. De ces déclarations, il ressort clairement que ce trio n’a pas l’envergure indispensable pour avoir monté une opération aussi professionnelle que l’attentat contre Pour … mais malheureusement aussi qu’il ne savait pas véritablement pour qui il "roulait" dans cette affaire.

On ne restera donc là pour les arrestations. Seul développement quelque peu polémique de l’affaire, avant un rapide renvoi du trio en correctionnel: la culpabilité présumée de Jean-Philippe Van Engeland. Depuis toujours, et encore aujourd’hui, celui-ci nie toute participation à l’attentat. Il est pourtant désigné comme coordinateur de l’opération dans les premières déclarations de Trousson

Mais, à la mi-septembre, Jean-Claude Garot raconte dans Pour, le rôle de dénonciateur d’Armand Stroobants. A partir de ce moment, la version de Trousson mange définitivement et dans toutes ses accusations, il remplace le nom de Van Engeland par celui de Stroobants. Il y a quelques jours encore, d’ailleurs, Trousson nous a tenu ce discours: "C’est Stroobants qui nous a poussé à mettre le feu à Pour. C’est lui qui nous a donné le plan des locaux de ce journal."

Cependant, en décembre 1981, Van Engeland accompagne Van Hove, Urbain et Trousson sur le banc des prévenus du tribunal correctionnel de Bruxelles. La rétractation de Trousson, les accusations contre Armand Stroobants font douter le juge Liesse qui décide de faire relâcher le "Flupke", au bénéfice du doute.

En octobre 1982, le militant du VMO a moins de chance, le président de la cour d’appel, M. Terlinden, le condamne à 5 ans ferme et aggrave les peines du trio Van Hove, Urbain, Trousson. Pour sa part, Van Engeland a déjà senti le vent tourner. Le jour précédent le prononcé, il prend la fuite pour l’Amérique du Sud, où il séjournera pendant plusieurs mois.

Luc Van K. (1)

Après les condamnations de 1982, une instruction contre X est restée ouverte au parquet, dans le but notamment de trouver les motards, voire les commanditaires de l’incendie de Pour. L’enquête a d’ailleurs été réactive à la suite des travaux de la commission d’enquête parlementaire sur le banditisme et le terrorisme. Pour rappel, les trois magistrats appelés en renfort pour analyser certains dossiers judiciaires remis aux députés, avaient constaté que dans l’affaire Pour, on s’était un peu vite contenté de trouver quelques exécutants de l’incendie …

L’une des pistes rapidement écartée dans la première enquête de la PJ conduisait pourtant tout droit sur le Westland New Post.

Le 10 septembre 1981, les inspecteurs Versonnen et Sabourin recueillent d’importantes confidences de Michel Van Hove, l’un des exécutants de l’attentat contre Pour: "L’un des motards parfait relativement bien le français (…). Il était de haute stature, corpulent, visage glabre, cheveux très courts, chatain clair, taille 1m75, certainement. Il était tatoué sur les deux avant-bras, dont un dragon vert crachant des flammes rouges. Il était âgé d’environ 30 ans (…). Il était vêtu d’une tenue en jeans. Bien que je risque des représailles de sa part, je désire vous livrer le nom sous lequel je le connais. Il se fait appeler "Rocky". La semaine passée, je l’ai rencontré au Cross Inn (ndlr: le café tenu à l’époque par Yves Trousson), il avait un plâtre au pied".

Rocky? Yves Trousson le connait. Le cafetier confie d’ailleurs à la PJ, le 14 septembre, que "Rocky est domicilié à Diegem (…), mais il a n’a rien à faire là-dedans, plusque au moment de l’incendie, il se trouvait en France, dans une maison de jeunes." Pour en avoir le coeur net, les enquêteurs font ressortir Van Hove de sa cellule et le reinterrogent. L’ancien gendarme confirme: "je me rappelle que Rocky pilotait, lors des faits, la moto qui avait la plus petite cylindrée, à savoir la Suzuki Ram-Air".

Il ne reste qu’une chose à faire. Se rendre à Diegem pour retrouver le fameux Rocky. C’est ce que font les inspecteurs de la PJ, dès l’après-midi du 14 septembre 1981. "Nous n’avons pu rencontrer Rocky", écrivent-ils dans un rapport, "mais l’enquête de quartier menée a permis de déterminer que le "Rocky" dont question dans la déclaration de Van Hove habite effectivement à l’adresse avec ses parents. Il nous a été signalé qu’il porte un plâtre de marche au pied et qu’il s’appelait Luc Van K.".

Du même rapport, il ressort en outre que Rocky est un habitué du café De Pomp à Diegem, où justement, certains membres du commando de l’incendie de Pour s’étaient rendus après leur forfait …

Ces éléments ne semblent pas troubler outre mesure la PJ et le magistrat-instructeur, et ce n’est que le 30 septembre, que les enquêteurs décident de refaire un petit tour du côté de Diegem pour, enfin, interroger Rocky. Entretemps, Van Hove, pour sa part, s’emmêle les pinceaux. Ses déclarations sur les motards deviennent de plus en plus contradictoires et confuses … Pour en arriver finalement à innocenter Rocky. Au même moment, Trousson commence lui à innocenter le militant VMO, Jean-Philippe Van Engeland.

Faineantise?

A plusieurs titres, l’interrogatoire de Luc Van K. par l’inspecteur Sabourin est une pièce d’anthologie. "Je suis membre du Front de la Jeunesse depuis au moins un an", déclare Rocky. "J’ai fait connaissance de Trousson Yves, dit Popeye, lors d’une réunion du Front. Anciens légionnaires, nous avons sympathisé. (…) Popeye m’a dit qu’il comptait monter un parti politique, car il était contre les communistes, les immigrés qui ne travaillent pas etc. (…) J’ai toujours tenu "Popeye" pour une "grande gueule" et je suis étonné qu’il ait eu le cran de mettre le feu à Pour. Je suis bien entendu d’accord avec son acte. C’est un coup contre la "Gauche". Néanmoins, je n’approuve pas cette manière d’agir, la nuit. Je préconiserais plutôt des des actions au grand jour, au vu et au sus de tous."

Simple formule de style. Car, il est établi qu’un mois avant l’incendie de Pour, Luc Van K est déjà impliqué avec une bande de motards (composée de Alain A., Guy V., Philippe H., Alexis H., Francis M. et Jean V.H.) dans l’incendie d’une mosquée au cocktail molotov à Machelen. Le même soir d’ailleurs, le même groupe avait commis une agression raciste contre le fils d’un gendarme. Son tort? Avoir quelque peu le teint basané. Tragique méprise …

Les enquêteurs de la PJ, en septembre 1981, ne font pas le rapprochement entre ces deux affaires et l’incendie de Pour. Soit.

Mais il y a plus étonnant encore. Lorsque M. Sabourin demande à Van K. son emploi du temps lors de l’incendie, celui-ci répond que "je suis parti le 29.6.81 pour Condé-sur-Escaut en France, à moto, y passer mes vacances (…). Je crois que je suis rentré à Bruxelles le samedi 4 juillet 1981 afin de raccompagner une copine à Bruxelles. Je ne suis parti pour Condé-sur-Escaut que le lundi suivant. (…) Le samedi soir, j’ai été au Bierkelder (2) jusqu’à environ 23 heures, ensuite je me suis rendu au café De Pomp près de mon domicilie à Diegem".

Les déclarations de Van Hove, l’amitié avec Trousson, les motards de Machelen, le café De Pomp où se sont rendus les incendiaires après leur coup. Voilà qui devrait au moins éveiller un certain trouble chez les enquêteurs qui, par ailleurs, reçoivent une rapport (N° 3590) rédigé par l’inspecteur De Roock de la Surêté de l’Etat. Conclusion de cette note: "Il y a de forte présomption pour que Luc Van K ait été mêlé à l’incendie de Pour".

Et pourtant, l’enquête sur Van K. s’arrête net , dès sa première audition, le 14 septembre. "Exposons avoir fait rapport verbalement à Monsieur le magistrat-instructeur sur le contenu de la déclaration de Van K. ce jour. Exposons avoir reçu pour directive de ne pas inquiéter autrement l’intéressé", conclut le procès-verbal de l’inspecteur Sabourin.

Westland New Post

On sait aujourd’hui que Luc Van K. était, au moment de l’incendie du journal Pour, un membre actif de la milice néo-nazie Westland New Post. Auparavant, en 1980, il faisait partie d’une fraction dure du Front de la Jeunesse à la base notamment de la création de ZOON (Zwarte Orde-Ordre Noir), un groupe qui s’est illustré à l’époque par de violentes campagnes racistes dans les rue de Bruxelles.

L’une des activités favorites de ZOON, le badigeonnage au sang de porc d’édifices religieux musulmans. Après le scandale du WNP, Van K. s’est rapproché du VMO. En août 1983, il est condamné par le tribunal correctionnel de Bruxelles pour les faits de Machelen. L’année suivante, on le retrouve parme les "gardes du corps" du meeting de Jean-Marie Le Pen, à Schaarbeek. Enfin, en 1986, il participe à la création de SOS Agression, une association qui prône bien évidemment … la légitime défense.

Bron: Libertés | Michel Bouffioux | 15 Februari 1991

(1) De Luk Van K./Rocky in dit verhaal is natuurlijk Luc Vankeerberghen.
(2) Dit café komt ook voor in het boek van Michel Leurquin over de moord op Christine Van Hees. Zie deze post » Forum Lees vooral ook de reacties vlak onder die post.

"Le monde est dangereux à vivre! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire." Volg ons via » Facebook | twitter | YouTube

12

Het vervolg op het vorige artikel: over Pour, de geheime oorlog binnen de Staatsveiligheid en de betrokkenheid van Luc Vankeerberghen.

Le feu n’est pas éteint

La Sûreté s’intéressait de très près à Pour au point de placer plusieurs informateurs au sein de ce journal. Aujourd’hui encore, ce dossier "brûlant" déchire la sûreté.

Témoignages et documents de plusieurs sources convergentes, il apparaît que la Sûreté de l’Etat s’intéressait très fort aux activités du journal d’extrême-gauche Pour. Plusieurs informateurs du service de renseignements ont gravité autour de Jean-Claude Garot, l’ex-animateur de Pour (Maurice Appelmans que l’on retrouvera plus tard dans l’entourage des Cellules communistes combattantes et Julien Branders, notamment).

Quelles étaient les raisons d’un tel intérêt pour un organe de presse? Selon le commissaire Smets "l’attention portée en cette direction par la Sûreté de l’Etat ne touchait pas l’hebdomadaire proprement dit, mais le groupe politique qui se trouvait derrière". A savoir "Pour le Socialisme".Or pour Smets, "ce mouvement politique était basé sur une idéologie révolutionnaire et dès lort, il entrait dans la sphère de surveillance de la Sûreté. D’autre part, nos services suspectaient, bien qu’aucune réponse n’aie pu être apportée, que ce mouvement recevait des fonds de l’étranger".

En février 1980, Smets était nettement moins nuancé. Dans un brouillon dont il fait parvenir copie au mensuel d’extrême-droite. "Nouvel-Europe Magazine", il écrit que Pour "constitue, à mains titres, un centre de subversion très actif" et laisse ensuite entendre que ce journal est financé pars des fonds cubains et algériens. Voilà pour la partie publiée par le NEM. Mais certaines notes inscrites sur le brouillon de Smets à l’occasion de sa collaboration occasionnelle avec le NEM, sont encore plus troublantes.

Ainsi, on peut notamment lire cette remarque: "nous insistons pour que vous laissiez clairement entendre que d’autres révélations sur Pour suivront (cela va y semer l’affolement)".

Lorsque nous faisons remarquer au commissaire Smets que ce genre de pratique déborde du cadre normal des activités d’un agent de la Sûreté de l’Etat et qu’elles sons plutôt antidémocratiques, celui-ci se contented ajouter "il semble que ce soit aussi le point de vue de l’autorité de tutelle puisqu’elle m’a sanctionné pour ce fait".

Même mutisme en ce qui concerne une autre démarche étonnante du "canard". Le 5 août 1980, il rédige une note destinée à l’administrateur directeur général de la Sûreté de l’Etat, Albert Raes, sur les ennuis fiscaux du journal Pour. Commentaires accompagnant la liste des chiffres: "il va de soi que si une inspiration heureuse incitait le ministère des Finances à réclamer à la société en question tout ou partie de cette somme, Pour se trouverait en fâcheuse posture." De plus, en avril 1981, Smets ne trouve pas mieux que de remettre la note au baron de Bonvoisin, objet de plusieurs attaques de Pour, en lui disant "cela pourra toujours vous servir".

Commentaire laconique de Smets: "je vous rappelle que malheureusement pour moi, l’information judiciaire consécutive à la plainte de Bonvoisin contre moi, est toujours en cours. Connaissant le côté pour le moins procédurier de cette personne, je sais qu’il invoquerait le secret de l’instruction contre moi pour entamer de nouvelles procédures. Cependant, puisque la note a été publiée, je veux tout de même signaler qu’elle porte le paraphe de toute la hiérarchie de l’époque et je conclurai en signalant que ma suggestion à propos d’une 'inspiration heureuse' du ministère de finances, n’a pas été suivi par la Sûreté."

Par ailleurs, plusieurs éléments - témoignage de Jean-Claude Garot, lettre très précise sur cette question de l’administration des finances - laissent à penser que les tuyaux qui ont permis au Canard de rédiger la note fiscale, ne provenaient pas de l’administration des finances, mais plutôt d’informateurs de la Sûreté au sein de Pour.

Une précision importante, dans la mesure où la défense du baron de Bonvoisin se sert actuellement de ce document pour démontrer une collusion de l’inspection fiscale et de la Sûreté de l’Etat, et par ricochet, tente d’obtenir l’irrecevabilité de l’affaire fiscale PDG, examinée en ce moment par le tribunal correctionnel de Bruxelles.

Manips

Libertés a rencontré à La Haye, un ancien agent de la Sûreté, Robert Chevalier, en l’occurence, accuse Smets d’avoir manipulé l’ancien rédacteur en chef de Pour, Jean-Claude Garot, par l’intermédiaire d’informateurs présents au sein de sa rédaction. Ainsi, selon M. Chevalier, certaines fuites vers Pour, ont été tétéguidées par le Canard afin de le "brûler" dans son travail de renseignements sur l’extrême- (…) [hier ontbreekt een stuk]

Autre accusation de cet ancien agent de la Sûreté: la manière de procéder de Smets était de "monter la droite contre la gauche". En clair, Chevalier présente Smets comme l’artisan d’une forme de stratégie de la tension en Belgique. Christian Smets lui renvoie la balle: "M. Chevalier a, en effet, à une certain époque, fournit un certain travail sur l’extrême-droite. Mais il faut aussi savoir que contrairement à moi, il avait depuis de longues années, des liens dans ce milieu. Et si son nom a été publié dans Pour, c’est la simple conséquence de sa présence répétée et de ses bavardages au bar d’un mouvement d’extrême-droite. Quant à une éventuelle stratégie de la tension, il faut rappeler que la Sûreté n’a pas de branche action. De plus, l’extrême-droite et l’extrême-gauche étaient montées l’une contre l’autre bien avant que je n’existe."

D’autres accusations concernant Smets et l’affaire Pour ont encore été formulées, récemment, devant le Comité Supérieur de Contrôle. Ainsi, lors d’une audition du 13 avril 1988, le commissaire Kausse déclare: "pour ce qui est du rôle de la Sûreté dans l’incendie du journal Pour, il faut que vous sachiez que Smets et son adjoint De Roock étaient des sympathisants d’extrême-droite (…). Je n’ai pas dit que Smets et De Roock avaient provoqué ou donné des ordres pour incendier Pour. Mais Latinus m’a dit que Smets et lui-même étaient sur le terrain, dans les environs, lors de cet incendie. Latinus en voulait à Pour parce que ce journal avait signalé qu’il était au cabinet de Mme Goor alors que c’était un fasciste actif. (…) Latinus avait d’ailleurs monté ensuite un dossier, avec l’aide de deux gendarmes de la BSR de Bruxelles (ndlr: Bouhouche en Beijer?), contre Pour. J’ai su par la suite que l’informateur de Smets à Pour avait dit à Garot de déplacer des dossiers brûlants et de les mettre dans un endroit plus sûr et c’est justement à cet endroit que l’incendie de Pour a pris naissance. A mon avis, l’informateur de Smets a dû aussi ouvrir la porte pour faciliter la tâche des incendiaires de Pour."

Accusations très graves de M. Kausse, qui, revient par ailleurs sur la piste du membre du WNP, Luc Van K. (1): "(…) Van K. a participé à cet attentat. Il était le chef des motards. Après l’incendie, dans sa fuite, Van K. s’est blessé à la jambe. Puis, il a fui en France et De Roock, pour le dédouaner, est intervenu auprès d’un certain Sabourin ou Savourin, à la PJ de Bruxelles, et l’a piégé en lui affirmant que Van K. ne pouvait être sur place lors de l’incendie de Pour, car il était plâtré. Ce qui n’est pas vrai, car il a été plâtré en France après sa fuite (…). Massart pourra vous confirmer cela".

Réentendu le 20 avril 1988 par le CSC, M. Kausse se fait plus précis: "l’incendie de Pour a eu lieu dans la nuit du 4 au 5 juillet 1981 et la Sûreté publique de Valenciennes, par l’intermédiaire de la PJ de Tournai, à la demande de Massart, a signalé à notre office que le 12 juillet 1981 à 17 heures 20, Vankeerberghen avait fait une chute à moto (une Honda - plaque MNA953) à Condé-sur-Escaut, rue Molière et qu’il n’y avait pas eu de tiers impliqué dans l’accident. Puis, il a séjourné au Centre Hospitalier de Valenciennes du 12 au 24 juillet 1981, suivant les renseignements fournis par la Sûreté publique de Valenciennes".

Ce ne sont pas les détails qui manquent dans la déclaration de M. Kausse. Et force est de constater que les éléments qui détruisent l’alibi du "plâtre" de Van K. sont très détaillés. Une manière habile de mieux faire passer une autre accusation, fausse, celle-là, à propos de l’adjoint de Smets, M. De Roock? On peut se le demander dans la mesure où il établi que cet "ennemi" de Kausse a fait effectivement rapport sur Van K. … mais pour le dénoncer, comme l’a établi M. Trousse, lors de la Commission d’enquête sur le banditisme et le terrorisme. De plus, dans les milieux informés, on chuchote que le rapport n° 3590 de De Roock avait été visé par le commissaire Massart (très proche de Kausse), tandis que l’ancien dirigeant du Front de la Jeunesse, Francis Dossogne, rapporte que "Kausse a fait d’étranges propositions à Van K., avant de le dénoncer". Alors? Qui manipule à la Sûreté?

Bron: Libertés | Michel Bouffioux | 15 Februari 1991

(1) De Luk Van K./Rocky in dit verhaal is Luc Vankeerberghen.

"Le monde est dangereux à vivre! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire." Volg ons via » Facebook | twitter | YouTube

Sortie de presse du numéro spéciale de POUR: "Enquête sur une droite au-dessus de tout soupçon"

Le 16 juin [1982], le président du tribunal correctionnel de Bruxelles a rendu son verdict sur le procès des incendiaires du journal Pour. Mais six autres incendiaires - les motards - ne sont pas au banc des accusés. A ce jour, la PJ ne les a pas encore identifié. Un autre grand absent dans ce procès: le commanditaire de l'attentat dont un émissaire était présent à une des réunions préparatoires à l'action menée par Yves Trousson.

L'équipe de la quinzaine de journalistes qui poursuit le projet du journal Pour a réalisé un dossier de 64 pages, d'une documentation sans précédent sur les liens entre la droite politique et l'extrême-droite agissante. (*)

Chapitre I: les faits parlent. Le dossier d'instruction fut le point de départ d'une analyse rigoureuse. Les journalistes font l'autopsie du dossier et démontrent qu'une série de pistes n'ont pas été suivies ou réellement analysées, dont celles des motards et des dirigeants du Front de la Jeunesse. Ils brossent le portrait des militants fascistes, interviewent leurs mère, fiancée, patron ... et analysent l'idéologie dont se revendiquent les inculpés.

Chapitre II: l'idéologie commande. Un organigramme complet de la toile d'araignée que la droite politique et l'extrême-droite a tissée à l'intérieur d'appareils idéologiques, répressifs et économiques. Chacun de ceux-ci est très largement détaillé dans les pages suivantes. On y découvre des liens entre le noyau dur du CEPIC et l'Ordre du Rouvre. Les liens entre cet ordre quasi secret et le Cercle des Nations, le CEDI, le MAUE, l'IED, la WACL, la LIL, la gendarmerie, l'armée et le SGR, la Sûreté de l'Etat, la police et les services secrets étrangers.

Enfin, au moyen de nombreux faits et d'un document probant, on éclaire le rôle du baron Benoît de Bonvoisin et de ses nombreuses sociétés domiciliées au 39 rue Belliard.

Une documentation qui, sans nul doute, servira de référence au juge de Biseau d'Hauteville pour remonter jusqu'au mystérieux Monsieur X pour lequel le dossier reste ouvert. Pour, numéro spécial 416-417, sera mis en vente au prix de 80 F.

Bron: Combat | 24 juni 1982

(*) Heeft er iemand toevallig deze speciale editie van Pour liggen?

De verwoeste drukkerij van Pour na de aangestoken brand:

http://nsm08.casimages.com/img/2017/01/13//17011305525714738714770493.jpg